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Une pétition pour des programmes universitaires en français dans l'Ouest

La jeune Franco-Yukonnaise Anna Tölgyesi a lancé une pétition qu'elle déposera à Chambre des communes demandant au gouvernement fédéral d'élaborer un plan pour améliorer l'accès à l'éducation postsecondaire en français dans l'Ouest du pays.

C'est qu'au moment d'entamer ses recherches pour ses propres études, l'élève de 11e année se rend compte du peu de programmes offerts dans les provinces de l'Ouest, particulièrement dans les domaines scientifiques.

« J'aurais aimé étudier proche de chez moi et étudier les sciences peut-être, mais dans mes recherches d'universités, dans l'Est, serait le Campus Saint-Jean ou l'Université de Saint-Boniface, mais il n'y a pas de programmes qui m'intéressent. On devrait avoir un plus grand nombre d'options. »

La présidente de Jeunesse Franco-Yukon espère, avec cette pétition, entamer une discussion nationale sur la question de l'offre de programmes postsecondaires en français dans les milieux minoritaires. C'est pour elle une question de reconnaissance.

Juste avoir une université dans l'Ouest pour que les jeunes francophones se sentent reconnus, que même si on n'est pas aussi nombreux que dans l'Est, on existe quand même et on devrait avoir des options près de chez nous

Anna Tölgyesi

Elle croit que la voix des jeunes doit être davantage entendue et se réjouit de l'appui qu'elle a reçu jusqu'ici du député fédéral Larry Bagnell et de la Commission scolaire francophone du Yukon.

« Même si on n'a pas le droit de vote, faire des pétitions et avoir des discussions, s'engager politiquement, c'est une bonne façon de penser à notre futur et je crois que plus de jeunes devraient s'impliquer comme ça », lance-t-elle.

Les partenariats à la rescousse

La directrice générale de l'Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), Lynn Brouillette, est ravie de l'initiative de la jeune Franco-Yukonnaise. L'appui du fédéral à la cause est, selon elle, essentiel. « L'écart est important avec le système en anglais. Les programmes en français ne représentent que 8 % de ce qui s'offre en anglais », précise-t-elle.

La solution passe, selon elle, par les partenariats entre différents établissements. Elle ajoute que 1200 programmes sont offerts à l'extérieur du Québec parmi les 21 établissements membres.

Étant donné les contextes très différents d'une province à l'autre, l'offre de programmes peut prendre différentes formes. À ce point-ci, ça ne semble pas être dans les cartes dans un avenir rapproché d'avoir une université francophone dans l'Ouest canadien, mais je pense qu'il est important de renforcer et bonifier l'offre de programmes qu'on a.

Lynn Brouillette, directrice générale ACUFC

Madame Brouillette cite l'exemple de la création de 68 nouveaux programmes dans les10 dernières années dans le domaine de la santé grâce à un partenariat avec Santé Canada. « Par ricochet, ça veut dire avoir plus de professionnels de la santé capables d'offrir avec confiance et conviction des services en français », soutient-elle.

Anna Tölgyesi réalise bien qu'aucun établissement d'enseignement en français ne sera en place d'ici à ce qu'elle fréquente l'université. Elle considère donc faire comme ses amis, à savoir s'éloigner dans l'Est pour y poursuivre ses études en français ou étudier en anglais dans l'Ouest.

 

Sources : Ici.radio-canada.ca