Blog

Un nouveau test linguistique en français d’ici l’automne

OTTAWA – Le ministre de l’Immigration, des réfugiés et de la Citoyenneté du Canada (IRCC), Ahmed Hussen, a promis deux changements très attendus pour favoriser l’immigration et l’intégration de francophones à l’extérieur du Québec. D’ici l’automne, un nouveau test de compétence linguistique de français sera mis en place. Mais rien ne garantit qu’il sera plus accessible ou moins coûteux.

Interrogé par le président du comité permanent des langues officielles, le député libéral Denis Paradis, le ministre a assuré, le lundi 7 mai, qu’une solution est proche pour régler la question du test de compétence linguistique en français pour les immigrants francophones.

«Le processus est en cours. Nous parlons avec des fournisseurs de services canadiens afin de rendre ces tests plus accessibles et pour faire baisser les prix dans le domaine», a répondu le ministre Hussen.

Des membres de son ministère ont ajouté que ces nouveaux tests devraient être en place dès l’automne prochain, mais aucun engagement n’a été fait concernant le prix et l’accessibilité de ce test.

Le test de compétence linguistique de français est nécessaire pour les personnes qui souhaitent immigrer au Canada afin de prouver qu’elles maîtrisent une des deux langues officielles.

Actuellement, le test en français, géré par un organisme de France, n’est pas offert à l’Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve-et-Labrador et dans les territoires, selon les données du Commissariat aux langues officielles (CLO) du Canada. Huit des 18 centres d’examens qui le proposent sont situés au Québec et en janvier 2016, le coût variait entre 265 $ et 365 $ pour le test en anglais et entre 330 $ et 485 $ pour le test en français.

«Un échec» pour le NPD

Il y a un an, le commissaire aux langues officielles avait blâmé le gouvernement fédéral dans un rapport.

Le porte-parole aux langues officielles pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), François Choquette, regrette que ses recommandations n’aient pas été suivies par le gouvernement.

«C’est un échec! On ne respecte pas les recommandations du commissaire aux langues officielles d’avoir des tests qui sont aussi accessibles et de coûts égaux aux tests en anglais. Si on dit qu’on va essayer d’un peu baisser les coûts, on n’est pas en train de respecter ses recommandations.»

 

Services en français à Pearson

Le ministre Hussen a assuré à plusieurs reprises que l’immigration francophone fait partie des priorités du gouvernement fédéral, citant les programmes mis en place, dont l’ajout de points pour les candidats francophones qui passent par le programme Entrée express. Cette mesure aurait permis, depuis juin 2017, de doubler le nombre de candidats francophones admis, selon le ministère, pour atteindre désormais 4 %.

M. Hussen a toutefois reconnu «qu’il faut en faire davantage» et a d’ailleurs confirmé que des services d’établissements seront bientôt disponibles à l’aéroport international Pearson de Toronto. Évoquée dans le Plan d’action pour les langues officielles, cette mesure a été réclamée à plusieurs reprises par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et par les organismes en immigration francophone en Ontario.

«C’est là qu’arrivent la majorité des immigrants francophones. Il faut que les services d’accueil, d’orientation et d’établissement soient bien faits, dès le départ, par des organismes francophones. (…) En ce moment, quand une famille francophone arrive à Pearson, elle est accueillie par des organismes anglophones qui ont un employé qui parle le français. Les organismes nous ont demandé de changer ça, ils veulent du «par et pour» et nous allons répondre à cette demande.»

Au micro d’#ONfr, le ministre n’a pas voulu fournir de date précise, mais s’est montré confiant que ces services seront en place avant 2019.

«Ce sera bien avant! Nous travaillons très dur sur ce dossier et voulons le mettre en place dès que possible.»

Cette mesure fait partie du parcours global d’intégration francophone, un projet de 36,56 millions de dollars sur cinq ans, qui doit permettre de garantir que les nouveaux arrivants obtiennent toute l’information et les services dont ils ont besoin quand ils s’établissent au Canada et ce, avant même l’arrivée au pays.

La cible de 4 % ne sera pas atteinte

Alors que le gouvernement fédéral s’est donné une cible de 4,4 % d’immigrants francophones à l’extérieur du Québec en 2023, il n’atteindra pas une de ses premières cibles, celle d’avoir 4 % d’immigrants économiques francophones hors de la Belle Province d’ici 2018, ont confirmé des représentants du ministère.

«Il y a un déficit depuis des générations! Il faut dépasser les cibles», s’est pourtant indigné le député libéral acadien, René Arseneault.

Le député Choquette se montre plus patient.

«Le constat est fait, il faut se relever les manches et travailler ensemble. (…) On commence à être rassuré, mais on n’a pas encore vu la fin du tunnel. On va laisser la chance au coureur, mais on a besoin d’avoir un plan d’action [sur l’immigration francophone] qui est beaucoup plus solide que ce qu’on a actuellement.»

Sources : onfr.tfo.org