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Qui sera ministre des Affaires francophones?

TORONTO – S’il faudra attendre le 29 juin pour connaître la composition du cabinet de Doug Ford, les premiers noms circulent. Concernant le poste de ministre des Affaires francophones, aucun candidat ne se détache réellement. #ONfr vous propose un tour d’horizon des probables.

Amanda Simard, députée élue de Glengarry-Prescott-Russell

Seule véritable francophone élue à Queen’s Park pour le Parti progressiste-conservateur (Parti PC), Amanda Simard attire les regards. «Stratégiquement, Amanda Simard a une chance», analyse le politologue de l’Université d’Ottawa, Martin Normand. «Elle est jeune, et c’est une femme. Cela vient cocher des cases. D’autant que le Parti PC va probablement vouloir une bonne répartition régionale entre ses députés.»

Un avis plus nuancé de la part de la politologue du Collège militaire royal de Kingston, Stéphanie Chouinard. «C’est une nouvelle venue. Elle n’est pas aussi proche de Doug Ford, qu’elle ne l’était du précédent chef, Patrick Brown.»

Conseillère municipale à Russell depuis 2014, Amanda Simard, 29 ans, sera présente pour la première fois sur les bancs de Queen’s Park. La jeune élue a toujours revendiqué son appartenance francophone, insistant sur sa présence au rassemblement pour la survie de l’hôpital Montfort en 1997.

 

Gila Martow, députée élue de Thornhill

Porte-parole aux Affaires francophones pour son parti durant le mandat de Kathleen Wynne, capable de s’exprimer correctement en français, Gila Martow pourrait être la candidate légitime pour le poste. Mais en entrevue à Radio-Canada, la députée de Thornhill a fait savoir qu’elle n’était pas intéressée par la fonction.

«Elle a fait beaucoup de progrès dans la connaissance des dossiers francophones», constate Martin Normand. «De plus, elle possède déjà beaucoup de contacts dans la communauté.»

En entrevue pour #ONfr en 2015, Gila Martow avait affirmé ne pas connaître l’existence de l’hôpital Montfort. L’élue a ensuite fait quelques progrès dans sa connaissance des dossiers sur l’immigration ou encore l’Université de l’Ontario français. Selon notre enquête publiée en mai dernier, elle a été l’unique députée progressiste-conservatrice à tweeter et publier des messages sur Facebook «occasionnellement» en français.

 

Caroline Mulroney, députée élue de York-Simcoe

Fille de l’ancien premier ministre, Brian Mulroney, candidate défaite à la chefferie du Parti PC, puis alliée de Doug Ford durant la campagne, Caroline Mulroney est promise à un poste ministériel, le 29 juin.

«C’est une autre possibilité, si le cabinet est très réduit», analyse Martin Normand. «Pour trouver les efficacités (sic) souhaitées par M. Ford, il y a de fortes chances que ce poste des Affaires francophones soit conjoint avec un autre poste, ce qui favoriserait la candidature de Mme Mulroney.»

Un écho semblable pour Mme Chouinard. «Il est clair que si elle devient ministre des Affaires francophones, elle occuperait deux portefeuilles.»

En entrevue avec #ONfr en février dernier à titre de candidate à la chefferie, Mme Mulroney n’avait pas fait montre d’une connaissance impeccable des dossiers francophones.

 

Lisa MacLeod, députée élue de Nepean

Sur les bancs de Queen’s Park, Lisa MacLeod commence à être l’une des députées les plus expérimentées. Dans quelques jours, elle commencera son cinquième mandat à titre de députée de Nepean. Pour la politologue Stéphanie Chouinard, elle est en tout cas l’une des favorites pour succéder à Marie-France Lalonde.

«Lisa MacLeod provient de Nepean qui contient quand même une bonne population francophone. Par ailleurs, elle a été critique aux Affaires francophones [À partir de 2013 jusqu’aux élections provinciales de 2014], et les dossiers francophones ne lui sont pas totalement inconnus. Enfin, c’est une proche de Doug Ford, ce qui pourrait être un atout important en vue d’une éventuelle nomination.»

Point sombre pour la députée de Nepean: sa maîtrise du français est très faible. Pour le Jour des Franco-Ontariens le 25 septembre 2013, Lisa MacLeod avait tout de même prononcé son discours en français à l’Assemblée législative de l’Ontario.

 

Suppression du ministère des Affaires francophones?

Créé en 1986 au moment de la mise en place de la Loi sur les services en français, alors en tant qu’Office, puis autonome en 2017, le ministère des Affaires francophones suscite quelques rumeurs. La prise de pouvoir de Doug Ford pourrait-elle signifier sa suppression? Le doute est permis pour Stéphanie Chouinard.

«On peut dire que le mystère plane encore à cet effet. Ça pourrait devenir un secrétariat aux Affaires francophones, certes avec un poste désigné, mais où il y aurait beaucoup moins de ressources allouées.»

Vendredi dernier, Doug Ford était resté vague sur les enjeux francophones lors de sa première conférence de presse à titre de premier ministre désigné. Il n’avait pas voulu indiquer la personne qui prendra le poste aux Affaires francophones.

 

Sources : Onfr