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Le marché de l'emploi est au ralenti au Canada

L’emploi a peu varié en février, et ce, tant au Canada qu’au Québec. Il faudrait n’y voir qu’une pause après la forte progression au cours des mois précédents.

L’économie canadienne n’a créé que 15 000 emplois le mois dernier, ce qui n’a toutefois pas empêché le taux de chômage de reculer de 0,1 point, à 5,8 %. Et ce gain net contraste avec le recul de 88 000 emplois comptabilisé en janvier. Pour sa part, la croissance du salaire horaire moyen se maintient au-dessus des 3 %, à 3,1 % en février contre 3,3 % en janvier.

Statistique Canada ajoute que par rapport à 12 mois plus tôt, l’emploi a augmenté de 283 000 ou de 1,5 %. « Cette hausse est entièrement attribuable au travail à temps plein (+283 000 ou +1,9 %), le travail à temps partiel n’ayant connu aucune variation. Au cours de la même période, le nombre d’heures travaillées s’est accru de 3,2 %. »

Au-delà de la volatilité mensuelle des données, on retient à la Banque Nationale que la moyenne sur 12 mois a été de 24 000 emplois nets créés par mois, en grande partie des emplois rémunérés à temps plein. Cela « révèle un marché de l’emploi à la tenue plus qu’honorable. Les perspectives futures restent positives au vu des solides bénéfices qu’enregistrent les sociétés et des pénuries de main-d’oeuvre relevées partout au pays. Cela dit, le rythme de création d’emplois pourrait être limité au moins jusqu’à ce qu’à la signature d’une version révisée de l’ALENA », peut-on lire dans un résumé de la semaine économique.

Au Québec

La quasi-stationnarité mesurée en février est le lot de la plupart des provinces. Au Québec, il y a eu recul de 2900 emplois, qui s’ajoute à celui de 17 400 en janvier, poussant le taux de chômage à 5,6 % contre 5,4 % en janvier. En Ontario, où la création d’emplois a également été quasi nulle, le taux de chômage atteint 5,5 %. « Comparativement à 12 mois plus tôt, l’emploi a progressé de 114 000 (+1,6 %) en Ontario et de 74 000 (+1,8 %) au Québec », alors que le taux de chômage a reculé de 0,7 point de pourcentage en Ontario et de 0,8 point au Québec, ajoute l’agence fédérale.

À Québec, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a mis en exergue le taux d’activité des 15 à 64 ans, « qui a atteint en février 80,1 %, un niveau inégalé. Également, depuis le début de l’année, le Québec compte en moyenne 110 900 emplois à temps plein de plus qu’à la même période l’an dernier. » Hélène Bégin acquiesce, utilisant un chiffre différent. L’économiste principale du Mouvement Desjardins écrit que « même si l’emploi à temps plein a fléchi un peu en février, cette pause survient après une forte période de progression. Les gains enregistrés depuis un an s’élèvent à 108 400 postes à temps plein, soit une croissance de 3,2 %. Un seul mois de recul n’est pas suffisant pour briser la tendance haussière, d’autant plus que la perte se limite à 3200 en février. »

L’économiste de Desjardins ajoute que le taux de chômage québécois de 5,6 % reste près de son creux historique de 5 % touché en décembre. Et demeure l’un des plus faibles au Canada, dépassé par celui de la Colombie-Britannique (4,7 %) et faisant écho au taux ontarien de 5,5 %. « Il fallait s’attendre à un certain essoufflement de la création d’emplois après les gains de 55 000 observés au dernier trimestre de 2017. » Hélène Bégin évoque une pause et rappelle que la croissance économique maintient le rythme. « Les ménages demeurent le principal appui. Le niveau de confiance n’a pas été aussi élevé depuis une quinzaine d’années, de sorte que les dépenses de consommation et le secteur résidentiel continuent de surprendre par leur vigueur. »

Source: Le devoir