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Le bilinguisme des juges à la Cour suprême, bien plus qu'une question de langue

Deux chercheurs québécois soutiennent que la langue première des juges de la Cour suprême du Canada a un impact sur leur comportement. Ils présentent leurs travaux au congrès de l'Association canadienne de science politique, à l'Université de Regina.

Jean-Christophe Bédard, candidat au doctorat en droit à l’Université de Toronto, et Tiago Rubin, professeur au Collège Montmorency, ont analysé le comportement des juges du plus haut tribunal du pays.

Selon les deux chercheurs, la première étape est de reconnaître que la langue a une influence plus grande que ne veulent généralement l’admettre les juges anglophones de la cour.

Une étape importante

Dans le cadre du débat actuel sur le bilinguisme des juges, les travaux des chercheurs pourraient avoir un effet au-delà des cercles universitaires.

Ils affirment que les libéraux ont promis de ne nommer que des juges fonctionnellement bilingues à la Cour suprême du Canada.

Les chercheurs doutent que cette promesse change les choses, mais estiment qu'il s'agit d'une étape importante dans le processus.

Des solitudes linguistiques

Selon eux, l'aisance ou non dans les deux langues officielles impose une certaine division linguistique du travail.

« Les francophones siègent dans des causes plaidées en français, écrivent en français et citent des auteurs francophones, tandis que les anglophones siègent dans des causes plaidées en anglais, écrivent en anglais et citent presque uniquement des auteurs anglophones. Cette situation crée deux solitudes linguistiques à la cour », expliquent les chercheurs.

Ils espèrent que leurs travaux influeront sur les prochaines réformes au processus de nomination des juges.

 

Sources : ici.radio-canada