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Le bilinguisme canadien et l’entreprise privée

Au Canada, le bilinguisme demeure avant tout une affaire du domaine public. Jusqu’ici, les gouvernements se sont abstenus de mettre en place de mesures incitatives efficaces qui pourraient amener les entreprises à vouloir se doter d’une véritable politique de bilinguisme à l’égard de leur personnel et de leurs clients.

Pourtant, des possibilités existent. Par exemple, le gouvernement fédéral pourrait décréter que toute entreprise commerciale (sauf bien entendu celles qui servent spécifiquement une clientèle linguistique de par leur nature même, comme un journal francophone) qui entend solliciter un octroi ou subvention de plus de deux millions de dollars doit répondre à certaines exigences du côté des langues officielles, doit démontrer une politique claire, et mettre en pratique certaines mesures côté bilinguisme : dans son affichage, sa publicité, ses services (avec prédominance du français au Québec).

Une telle façon de faire ne serait pas nouvelle. Le fédéral ne vient-il pas d’exiger que tout organisme qui entend soumettre une demande de subventions pour embaucher des étudiants d’été déclare se conformer entièrement à certaines valeurs qui sont siennes, dont celles sous-jacentes à la Charte canadienne des droits et libertés et autres acquis en matière de procréation ? Pourquoi en serait-il autrement en ce qui a trait aux droits linguistiques ?
De toute manière, l’argent dont disposent les gouvernements ne provient-il pas des taxes et impôts de tous les Canadiens et Canadiennes, des deux langues officielles ? Ne serait-il pas logique que les sommes versées aux entreprises soient utilisées, mises au service, de toute la population, francophone aussi bien qu’anglophone ? Pourquoi l’argent tiré d’un groupe linguistique de langue officielle serait remis en octroi ou subvention à des entreprises qui ne respectent pas les deux langues officielles du pays ?

Un exemple : pourquoi en Ontario devons-nous faire affaire avec des sociétés, avec des quasi-monopoles, comme Enercare, qui donnent des services qu’on peut qualifier d’essentiels (gaz naturel), mais qui refusent de communiquer avec leurs clients francophones et francophiles en français ? Le français, il faut le répandre partout à travers le Canada. Il faut adopter une stratégie expansionniste, si on veut en assurer non seulement la survie, mais la vitalité, et faire en sorte que la culture française demeure attrayante pour la nouvelle génération et les nouveaux arrivants.

 

Sources : Le Droit