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La Loi sur les services en français entre en vigueur à Markham

Le 1er juillet 2018, Markham s’ajoutera à la liste des régions et villes où s’applique la Loi sur les services en français. C’est ce que l’Association des francophones de la région de York (AFRY) a annoncé officiellement en conférence de presse le vendredi 22 juin.

C’est, pour l’essentiel, le travail de longue haleine de l’AFRY qui permet aujourd’hui aux francophones de Markham de crier « victoire » et à ceux du reste de la région d’espérer avec confiance que cette initiative fasse des vagues jusque dans leur communauté. Après tout, comme l’explique Daniel Niesing, membre du conseil d’administration de l’AFRY, c’était là l’intention de l’organisme à l’origine : « C’est un projet qui a débuté au mois de mars 2011. Ça a débuté avec l’idée d’obtenir la désignation de la région de York ».

Mais entreprendre pareilles démarches représentait une somme de travail considérable dans une région qui s’étire de l’avenue Steeles, au nord de Toronto, jusqu’au lac Simcoe et qui comprend des municipalités aussi diverses que Richmond Hill, Aurora, Vaughan, Newmarket, etc. De là la nécessité de se limiter à un territoire où la conjoncture politique était la plus favorable : « On est passé à Markham considérant l’ouverture et la volonté d’obtenir la désignation », poursuit M. Niesing qui partage la présidence du comité de désignation avec Kelly Burke, assistante à la sous-ministre au ministère des Affaires francophones.

Le processus de désignation est connu pour être long et compliqué. Ce n’est donc qu’en 2016 que la ville de Markham a pu répondre à tous les critères pour l’obtenir. Mais le travail n’était cependant pas terminé pour que la désignation devienne effective : il a fallu évaluer les services en français déjà existants et lister ceux à établir en tenant compte des implications pour l’ensemble des ministères touchés. Cette étape passée, l’heure est désormais à l’offre de services. « C’est là où on en est : le 1er juillet, tout sera en place », confirme M. Niesing, qui précise cependant qu’une période de transition puisse être nécessaire dans certains cas à des fins de gestion du personnel.

Les francophones de Markham auront donc désormais droit à des services du gouvernement provincial dans leur langue et ce en ligne, au téléphone et en personne. Mais les autres francophones de York ne seront pas en reste : en effet, les institutions et organismes gouvernementaux qui desservent Markham mais sans y avoir de point de service doivent aussi se conformer aux obligations engendrées par la désignation. Ainsi, certains services seront offerts en français ailleurs dans York, créant une nouvelle dynamique dans cette région qui n’en était jusque-là qu’à ses premiers balbutiements en matière de services francophones. De plus, rien n’empêche un résident d’une ville autre que Markham de s’y rendre pour s’y faire servir en français.

Quelle symbolique tirer de ce grand tournant dans la région de York? « C’est une reconnaissance de la communauté francophone. Ça représente la présence de la francophonie dans notre pays », commente Nathalie Pelletier, présidente de l’AFRY. Originaire du Québec, Mme Pelletier prend à témoin la facilité avec laquelle les anglophones de cette province ont accès à des services dans leur langue et espère que la minorité linguistique d’ici pourra un jour bénéficier des mêmes avantages : « Si on réussi à atteindre ça en Ontario, ce sera déjà beaucoup. Il ne faut pas oublier l’apport des deux peuples à la fondation du Canada : c’est ce qui en fait la particularité ».

Au cours de la conférence de presse, Daniel Niesing et Nadia Martins, directrice générale de l’AFRY, ont tenu à remercier tous ceux qui ont rendu possible la désignation de la région de York, des pionniers qui ont permis l’adoption de la Loi sur les services en français il y a plus de 30 ans aux personnalités politiques d’aujourd’hui qui en ont appuyé l’application à Markham. La vingtaine de membres du comité de désignation et l’ensemble de la communauté ont eu droit aux mêmes hommages pour les mêmes raisons.

Le travail n’est cependant pas terminé pour l’AFRY. « C’est la fin d’une étape mais le début d’une autre. Le plus grand défi, c’est de faire de l’éducation auprès des francophones de Markham pour qu’ils sachent qu’il y a des services en français et pour les exiger », commente M. Niesing qui entrevoit déjà la désignation de Vaughan comme le prochain cheval de bataille de l’organisme. En attendant, les francophones de Markham seront invités, le 28 septembre prochain, à célébrer l’application de la Loi sur les services en français dans leur ville alors que l’AFRY profitera de l’occasion pour présenter des capsules vidéo sur l’histoire du fait français dans la région.

 

Sources : Le Metropolitain