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La culture franco victime de son succès à Toronto? Deuxième débat Carrefour CHOQ

«Si vous ne vous unissez pas, la francophonie risque de disparaître.» Ce lundi 19 mars, Bernard Dionne, ancien enseignant de musique dans nos écoles franco-torontoises, a tiré la sonnette d’alarme.

Dans les locaux du RLISS sur Bloor Est, tous les panellistes ont défendu leur vision de «la culture francophone comme facteur d’intégration» lors d’un deuxième de quatre forums Carrefour CHOQ organisés par la radio communautaire.

La francophonie est riche à Toronto, pourtant pour Bernard Dionne celle-ci est en danger «devant toutes les nouvelles communautés qui se forment».

Autour de la table, les panellistes étaient d’accord sur un point: les organismes francophones doivent coopérer davantage. Pour le cinéaste Florian François, co-fondateur de Franc’Open Mic, «la pluralité et la richesse des cultures francophones rendent le rassemblement compliqué… et c’est dommage».

Le panel représentait justement cette diversité, dans une discussion animée par Elyzabeth Wallin et Duvalier Monkam.

Ici, il fallait comprendre la culture sous toutes ses coutures. Les panellistes représentaient aussi bien les arts que la culture synonyme de diversité des communautés.

On retrouvait Clément Panzavolta (Conseil de la coopération de l’Ontario), Thierno Soumare (CHOQ FM), Florian François (acteur, scénariste et producteur), Kyris (chanteur et musicien, l’autre co-fondateur de Franc’Open Mic), Housseyn Belaiouer (Reflet Salvéo) et Nathalie Nadon (chanteuse et comédienne).

Des défis culturels à surmonter

Une communauté riche et diverse, mais pas assez unie et pour Clément Panzavolta, conférencier principal, selon qui «la culture mérite aujourd’hui d’être plus brillante». Chacun a pu alors réfléchir aux défis à surmonter pour le futur.

Pour Tierno Soumare, le vrai problème vient du fait que «la culture, on ne l’apprend pas, on la vit». Ce jeune sénégalais bien installé dans la communauté torontoise ne se retrouve pourtant pas dans la francophonie. «C’est difficile pour les Africains de s’y reconnaître, on attend qu’on s’ouvre à nous et qu’on nous comprenne», défend-il.

Coopérer pour mieux régner

Une idée aussi reprise par Nathalie Nadon, qui, avec Housseyn Belaiouer, représentait l’ACFO-Toronto. Pour l’artiste franco-ontarienne, «on gagnerait à plus faire des mélanges, à collaborer». Une occasion pour les représentants de CHOQ, présentée comme «la voix de la francophonie torontoise», de faire un appel aux bénévoles.

Lors du forum, les arts ont aussi été représentés comme une solution, car ils permettraient la compréhension de la culture. La musique, le théâtre, le cinéma… tous aideraient l’intégration de l’individu.

«Quand je suis arrivé en 2013, mes premiers amis je les ai trouvés par la culture», ajoute Florian François.

Alors aujourd’hui, pour répondre à la crainte de Bernard Dionne, la culture et les différentes communautés doivent sortir de l’individualisme. Les panellistes semblaient s’accorder sur une collaboration et un leadership au sein d’une francophonie nouvelle.

 

Sources : L'express