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Gouvernement du Québec: hausse des effectifs en 2017-2018

Au cours de la dernière année, les effectifs de la fonction publique québécoise et des réseaux de la santé et de l’éducation ont augmenté de 8861 «équivalents à temps complet» (ETC).
 

L’information est contenue dans l’avalanche des chiffres fournis, la semaine dernière, à l’occasion du dépôt du budget 2018-2019 du gouvernement du Québec.

L’effectif utilisé en 2017-2018 se chiffre à 481 982 ETC comparativement à 473 121 ETC pour l’exercice précédent.

Il était de 468 597 en 2015-2016 et de 476 696 en 2014-2015.

D’entrée de jeu, précisons qu’un ETC ne correspond pas à un salarié. Il représente plutôt le nombre d’heures rémunérées converti en équivalent à temps complet sur la base de 35 heures par semaine.

Sur la base des chiffres colligés entre les mois d’avril à décembre 2017 et des données prévisionnelles pour les mois de janvier à mars 2017, les heures rémunérées des ministères, des organismes, des réseaux sociaux du secteur public et des sociétés d’État s’élèvent à 880,2 millions d’heures. 

«Comparativement à l’exercice financier 2016-2017, le total des heures rémunérées représente une hausse de 16,2 millions d’heures, soit de 1,9 %, laquelle correspond à une augmentation de 8861 ETC convertis sur une base annuelle», explique-t-on dans les renseignements supplémentaires du budget des dépenses 2018-2019 de 84 milliards $.

Santé et éducation

La hausse des effectifs s’est fait particulièrement sentir dans les réseaux de la santé et de l’éducation. Elle a été de l’ordre de 1,9 %, soit 7935 ETC de plus qu’en 2016-2017.

Une poussée que le gouvernement explique, entre autres, par les investissements «pour diminuer les temps d’attente dans les hôpitaux et pour accroître la réussite éducative des élèves et des étudiants.»

Du côté des ministères et organismes, la croissance des effectifs a été de 1,4 %, soit 926 ETC de plus. «Mais, 3585 ETC de moins par rapport à leur niveau en 2013-2014», précise-t-on. 

Les raisons de l’augmentation du nombre d’ETC en 2013?

«La réduction des délais de justice en matière criminelle et pénale, la gestion du programme d’aide financière aux sinistrés des inondations printanières de 2017, par la mise en opération de nouveaux établissements de détention et par la consolidation de l’expertise interne du gouvernement», énumère-t-on.

À ce sujet, l’appareil gouvernemental a poursuivi, l’an dernier, les embauches pour regarnir les rangs de ses spécialistes des domaines des technologies de l’information et de la lutte pour contrer l’évasion fiscale ainsi que des ouvriers pour prendre soin du réseau routier et des structures.

«Globalement, l’internalisation occasionne un effet à la hausse sur les niveaux d’effectifs, lequel est toutefois compensée par une réduction équivalente et durable des ressources externes», fait-on valoir. «Au-delà des avantages liés à la maîtrise d’œuvre à l’interne et à la pérennité des connaissances, la stratégie entraîne des économies récurrentes, le coût des ressources internes étant généralement inférieur à celui des ressources externes.»

En ligne avec les priorités

La détermination des niveaux d’effectifs pour l’année financière 2018-2019 n’est pas encore faite. Le Secrétariat du Conseil du trésor transmettra ses «enveloppes d’effectifs» à l’appareil gouvernemental dans les prochaines semaines.

«Le gouvernement alignera donc sa cible globale d’effectifs sur la croissance réelle des dépenses, soit le taux de croissance des dépenses de programmes dégonflé de l’inflation», précise-t-on.

«En effet, bien que la croissance des dépenses s’explique en partie par l’indexation du coût des programmes et services existants, incluant l’indexation des dépenses de rémunération, elle s’explique également par la bonification de ces programmes et services ou par l’ajout de nouveaux programmes et services. Or, le niveau d’effectifs doit être ajusté afin de soutenir adéquatement la hausse de la prestation de services.»

Dans son message, le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, insiste : «la croissance de l’effectif se fera en droite ligne avec les investissements dans nos priorités, soit la santé et l’éducation».

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UNE NOUVELLE STRATÉGIE DE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES

Le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, présentera sous peu la nouvelle stratégie de gestion des ressources humaines de la fonction publique pour la période 2018-2025.

Dans la documentation remise, la semaine dernière, lors du dépôt du budget des dépenses du gouvernement de Philippe Couillard, le Secrétariat du Conseil du trésor annonçait ses couleurs.

«L’objectif est de rendre la fonction publique plus attractive», signalait-on.

Et plus diversifiée afin de mieux représenter la diversité québécoise.

Comptant 60 000 employés, dont un bon contingent dans la région de Québec, la fonction publique n’échappe pas aux peines et aux misères des employeurs pour recruter des talents.

Même si l’accès aux emplois a été simplifié au cours des dernières années, l’État a encore du chemin à parcourir pour en arriver à concurrencer le secteur privé dans la course aux perles rares.

«Des projets pilotes seront réalisés afin de concevoir une organisation du travail polyvalente et adaptée aux nouvelles réalités du marché du travail et du numérique et pour offrir des milieux de travail plus stimulants», précise-t-on. 

Radio-Canada révélait, en février, que l’ère des cubicules gris des fonctionnaires tirait vivait ses derniers moments et que le gouvernement investirait 20 millions $ par année au cours de la prochaine décennie pour retaper ses installations.

 

Sources : Le Droit