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Ford encore vague sur ses engagements pour les francophones

Le premier ministre élu de l’Ontario, Doug Ford, a tenu sa première conférence de presse au lendemain de sa victoire électorale. Il est resté flou sur ses engagements envers la francophonie, alors que le NPD le torpille déjà sur ce dossier. La transition entre les libéraux de Kathleen Wynne et les progressistes-conservateurs s’effectuera le 29 juin prochain.

Durant sa conférence de presse, M. Ford est resté évasif sur ses intentions de poursuivre les engagements du précédent gouvernement en francophonie, Doug Ford est resté vague sur les détails concernant l’université franco-ontarienne.

«Durant l’élection, j’ai dit que nous allons le faire et j’entends tenir mes promesses», a lancé M. Ford lors de son point de presse.

Le chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario n’a pas voulu indiquer la personne qui occupera le poste de ministre des Affaires francophones au sein de son gouvernement.

«Nous allons nous asseoir avec notre équipe de transition afin de trouver qui nous aidera à former notre gouvernement», s’est-il exclamé.

Doug Ford n’est pas resté vague uniquement sur les sujets francophones, puisqu’il n’a pas apporté plus de précisions sur la manière dont il entend éliminer le curriculum d’éducation sexuelle, le programme de plafond et d’échange du carbone et sur la méthode pour mettre fin au conflit de travail à l’Université York.

Le premier ministre élu s’est engagé à regarder les comptes publics le plus rapidement possible, afin de trouver les «efficacités» dont il a parlé dans la campagne électorale.

Pour assurer la transition, qui doit prendre 21 jours, M. Ford s’est entouré de Chris Froggatt, John Baird, Dean French, qui agira comme chef de cabinet au bureau du premier ministre, Simone Daniels, Rueben Devlin et Mike Coates.

Souvent accusé de fuir la presse, le nouveau premier ministre Ford a voulu rassurer les Ontariens.

«Doug Ford sera disponible pour vous parler le plus souvent possible», a-t-il conclu aux journalistes à la fin de sa conférence de presse.

Dans les prochaines semaines, Doug Ford devra choisir parmi ses 75 députés (en s’excluant) qui formera son équipe.

 

Les Franco-Ontariens ont tout à craindre de Doug Ford, selon Peter Tabuns

Le député néo-démocrate de Toronto-Danforth, Peter Tabuns, est convaincu qu’il sera plus difficile pour les Franco-Ontariens de se faire entendre auprès du gouvernement Ford.

«Ce ne sera pas un gouvernement qui va penser aux francophones. Il va penser à la majorité et aux anglophones. Ce sera plus difficile, je crois pour les francophones», lance-t-il.

Peter Tabuns a fait du dossier d’école francophone dans l’est de Toronto une de ses priorités. Les libéraux étaient finalement en faveur du projet, même si les détails du projet ne faisaient toujours pas l’unanimité. «C’est pas certain ce qui va se passer à ce moment-ci. Il y a des contrats avec le conseil public anglophone, mais ce n’est pas clair. Il y aura une grande lutte pour une école secondaire francophone. C’est un gouvernement difficile pour ce genre de dossier», a-t-il laissé tomber.

Il a tenu ses propos quelques instants après le point de presse de sa chef, Andrea Horwath. Elle se retrouve en meilleure position qu’avant l’élection. Mais la victoire lui a échappé. Et de beaucoup. «C’est un nouveau départ pour nous», a-t-elle néanmoins affirmé se réjouissant d’avoir pu doubler son nombre de députés en chambre. «M.Ford ne nous a pas présenté son plan complet. C’est un mystère de savoir quelles seront ses priorités et les chiffres ne s’additionnent pas. On ne sait pas où seront les coupures pour permettre de donner un congé fiscal aux riches», a-t-elle soutenu. Andrea Horwath a cependant qu’elle et Doug Ford pourraient cependant s’entendre sur la nécessité d’améliorer le système de santé. «Le prix de la bière n’est sûrement pas au haut de la liste du NPD», a-t-elle ajouté. Le NPD sera l’une des oppositions les plus fortes des dernières décennies, selon Mme Horwath, expliquant que rarement en Ontario l’opposition compte autant d’élus.

 

Une reconstruction qui commence «aujourd’hui» pour les libéraux

Après avoir salué et remercié la tribune de presse de Queen’s Park, Mme Wynne a prononcé un bref discours annonçant que le Parti libéral de l’Ontario (PLO) discutera avec les conservateurs et demandera son statut de parti politique officiel. Un statut que les libéraux ont pour le moment perdu, n’ayant réussi qu’à faire sept députés contre les huit requis pour conserver le conserver.

Concernant son soutien à M. Ford, Kathleen Wynne est restéer sur la réserve en dénonçant un manque d’information de la part du premier ministre désigné: «Je pense qu’il y a beaucoup trop peu de détails sur ce que va faire M. Ford, donc je ne peux pas commenter sur les mesures qu’il veut prendre», a-t-elle dit.

Avec ses sept sièges, les libéraux ont avoué avoir besoin de se reconstruire, et n’entendent pas perdre de temps, à en croire leur chef démissionnaire: «quatre années passent très vite, c’est pour ça que cette reconstruction doit commencer aujourd’hui».

Avant de partir, Kathleen Wynne a répondu à la question si elle conseillerait, en tant que première femme première ministre de la province, aux petites filles d’accéder à cette fonction. «Bien sûr !», s’est-elle exclamée, avant d’ajouter: «J’espère qu’on attendra pas un autre 150 ans pour avoir de nouveau une femme première ministre».

 

Sources : Onfr