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Etobicoke Nord rattrape son retard en santé pour les francophones

La région d’Etobicoke Nord connaît une embellie dans le domaine de la santé en français.

«Enfin on bouge dans la bonne direction. Ce n’est pas encore suffisant, mais il faut se réjouir des progrès faits», soulignait ce lundi 25 juin François Boileau, commissaire aux services en français de l’Ontario, au Centre de Santé Communautaire Rexdale.

Depuis deux mois, on y trouve une médecin de famille bilingue, mais également un promoteur de la santé et une chargée de cas pour l’accueil des patients capables de dialoguer en français.

Ateliers pour les jeunes

Pendant les vacances, un atelier réservé aux jeunes leur permettra de mieux connaître la ville et, pour les immigrants, un atelier sur le thème du logement sera organisé.

Aucune annonce n’a été faite sur l’aspect médical, cependant. Mais Gilles Marchildon, directeur général de Reflet Salvéo, s’en défend. «La santé ce n’est pas qu’aller voir son médecin quand on est malade, c’est aussi acter pour un meilleur modèle de santé», nous dit-il.

Des avancées notables qui font d’Etobicoke une région avec un accès aux services en santé francophones digne de ce nom. «Etobicoke fait un énorme pas vers l’avant en se dotant de ces services-là, elle a pris de l’avance par rapport à Mississauga Est ou même Brampton», estime Gilles Marchildon.

Encore des progrès à faire

Cependant, il ne faut pas se contenter de l’état actuel. La dynamique nouvelle appelle à d’autres progrès en la matière, comme nous l’explique Julie Lutété, directrice générale de l’Auberge francophone, qui oeuvre surtout dans ce secteur de la métropole.

 

«On a les services de base, comme parler avec un médecin en français, il fallait commencer par là. C’est un petit projet qui commence», explique-t-elle.

Une prochaine étape pourra être franchie si la communauté témoigne de son besoin de services en français. «Si on a beaucoup de clients, on va pouvoir éventuellement recruter un nouveau médecin francophone», nous dit Ferdinand Akpro, le tout nouveau promoteur en santé arrivé en mars dernier à Rexdale.

Si le carnet de rendez-vous du médecin bilingue déborde, le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) devra donner l’enveloppe suffisante pour pouvoir engager un médecin francophone supplémentaire.

La communauté doit se faire entendre

Pour débloquer les financements, la communauté francophone d’Etobicoke doit se mobiliser pour convaincre le RLISS du Centre-Ouest d’investir dans un meilleur accès aux services de santé en français (ce qui est aussi le mandat de Reflet Salvéo, l’entité francophone qui conseille les RLISS de Toronto et de sa banlieue ouest).

Julie Lutété est assez optimiste à ce propos. «Le RLISS est vraiment ouvert. On va continuer le projet et ça va le pousser à nous financer», annonce-t-elle.

De son côté, Sofia Ahmed, la directrice du Centre de Santé Communautaire Rexdale, se dit prête à coopérer et à promouvoir un meilleur accès aux services en langue française. «Dès qu’un poste se libère, les candidatures bilingues sont largement encouragées», nous dit-elle.